« Mon prof me dit de garder la tête baissée. »
C'est sans doute le conseil le plus donné au golf. Il est aussi l'un des plus inutiles. Quand un joueur gratte ou toppe, sa tête n'y est presque jamais pour rien. Le vrai coupable s'appelle le point bas, et il se mesure en une seule séance.
C'est tout l'intérêt d'un bilan de swing. On arrête de deviner. On mesure ce que fait réellement votre club, et on travaille sur la cause plutôt que sur le symptôme.
Voici ce que je regarde pendant un bilan de swing à Marrakech, et dans quel ordre.
Le radar ne corrige rien. Il dit quoi corriger.
Un radar TrackMan mesure plus de vingt valeurs à chaque coup. Posées telles quelles devant un joueur, elles ne servent à rien. Le travail consiste à trouver, parmi elles, les deux ou trois qui expliquent ce que vous voyez sur le terrain.
Je pars toujours du vol de balle que vous voyez. Puis je remonte aux valeurs qui l'expliquent, et je ne fais travailler que celles-là. Le reste attend son tour.
1. D'où part la balle : la face
La direction de départ dépend pour l'essentiel de l'orientation de la face à l'impact. Si votre balle part à gauche, votre face regardait à gauche. Point. C'est la première valeur que je lis, parce qu'elle décide de tout le reste.
2. Pourquoi elle tourne : l'écart entre la face et le chemin
La courbure ne vient pas de la face seule. Elle vient de l'écart entre la face et le chemin du club, que TrackMan appelle face to path. C'est lui qui fait le slice ou le hook.
La plupart des joueurs qui slicent essaient de fermer la face. Ils envoient alors la balle encore plus à gauche, et la courbure augmente. Le radar tranche en quelques coups. J'ai détaillé ce mécanisme dans l'article Corriger son slice.
3. Comment le club touche la balle : le point bas
Au fer, un bon contact exige que le club atteigne le bas de son arc après la balle. Le radar mesure l'angle d'attaque et situe ce point bas. Un joueur qui gratte a un point bas placé avant la balle. Garder la tête baissée n'y change rien.
C'est le sujet de l'article Pourquoi vous grattez la balle.
4. Ce que vous perdez en route : la vitesse et le centrage
La vitesse de tête de club dit ce que votre corps produit. La vitesse de balle dit ce que vous en transmettez. Le rapport entre les deux, le smash factor, mesure la qualité du centrage.
Beaucoup de joueurs cherchent de la distance en swinguant plus fort. Ils gagneraient souvent plus de mètres en frappant simplement plus au centre.
5. Vos vraies distances
Le bilan se termine souvent par vos distances club par club. La plupart des amateurs surestiment les leurs, ou ont deux clubs qui envoient la balle à la même distance. Connaître vos vraies distances fait gagner des coups dès la partie suivante, sans rien changer au swing.
Pourquoi le radar seul ne suffit pas
TrackMan montre ce que fait le club. Il ne montre pas ce que fait le corps pour l'y amener. J'ai beaucoup travaillé sur les appuis, notamment auprès de Mike Adams, et j'en ai gardé une conviction : le club ne fait que suivre le corps. C'est pourquoi mon bilan d'une demi-journée associe trois instruments.
| Instrument | La question à laquelle il répond |
|---|---|
| Radar TrackMan | Que fait le club à l'impact, et que fait la balle ensuite ? |
| Plaques de force | Comment utilisez-vous le sol pour produire la vitesse ? |
| Capteur CAPTO | Comment votre putter bouge-t-il, au dixième de degré près ? |


Un chemin de club trop extérieur vient souvent d'un mauvais transfert d'appuis. Corriger le chemin sans regarder les appuis revient à traiter le symptôme. J'ai mesuré, sur un même joueur, jusqu'à trente-cinq mètres d'écart selon sa façon de pousser dans le sol. C'est l'objet de l'article La force verticale.
Le point cléLe bilan ne vous donne pas vingt chiffres. Il vous donne les deux ou trois qui comptent pour vous, et ce qu'on en fait.
Comment se déroule le bilan au G.Spot
Le bilan dure quatre heures, au G.Spot Golf Marrakech, sur la route d'Amizmiz. On commence par quelques balles d'échauffement, puis on mesure le long jeu au radar, les appuis sur les plaques de force et le putting au capteur CAPTO. Tout se passe en intérieur, sur simulateur, quelle que soit la météo.
Vous repartez avec une synthèse écrite. Elle contient vos valeurs de départ, deux ou trois priorités et un exercice pour chacune. Lors de la séance suivante, on remesure les mêmes valeurs. Si le chiffre a bougé, le geste a bougé.
Le bilan est le point de départ idéal avant une série de cours ou un stage. Je compare les formats dans l'article Cours de golf à Marrakech.
Questions fréquentes sur le bilan de swing à Marrakech
Faut-il un bon niveau pour faire un bilan TrackMan ?
Non. Le radar est aussi utile à un joueur de 30 d'index qu'à un professionnel. Seules les priorités changent.
Combien de temps dure un bilan de swing ?
Quatre heures, pour mesurer le swing, les appuis et le putting sans précipitation.
Dois-je apporter mes clubs ?
Oui, si possible. On mesure votre jeu avec votre matériel, et le bilan montre parfois qu'un club ne vous convient pas.
Le bilan peut-il déboucher sur un fitting ?
Oui. Si la mesure montre que votre matériel vous limite, on peut comparer plusieurs configurations au radar et au capteur. Les essais se font avec les gammes Callaway et Odyssey.
Envie de connaître vos deux ou trois chiffres ?Le bilan complet mesure votre swing, vos appuis et votre putting en une demi-journée au G.Spot. Vous repartez avec une synthèse écrite et votre plan de travail.
Alvin Pivaty est enseignant de golf PGA France Master Professional, certifié TrackMan Master et CAPTO Expert. Ancien joueur professionnel, il enseigne à Marrakech et accompagne des joueurs amateurs élite et professionnels.
